Emilie à la ferme

Emilie à la ferme

La Ferme d’Alcas.

Pour ce premier portrait je vais vous parler d’une personne de cœur.

Avec Emilie, on se connait depuis qu’on a 12 ans. On a fait le collège et le lycée ensemble, puis nos chemins se sont séparés. On s’est retrouvées quelques années plus tard et depuis, on ne se lâche plus.

Emilie est de ces personnalités brillantes qui ne se font jamais remarquer. Elle n’était pas la coqueluche du lycée, ni la miss toujours à la mode. Emilie, a toujours été la meuf la plus intelligente en toute simplicité. En troisième elle voulait être préfète, elle voulait faire Khâgne et Hypokhâgne. Elle avait la niaque.

Elle a eu mille vies Emilie. Je voudrai vous parler de son parcours et de ce qui l’a amenée à faire vivre aujourd’hui la Ferme d’Alcas avec Alexandre, son mari. Oui, parce qu’Emilie aujourd’hui elle élève des brebis et elle fait du fromage et des yaourts sur le plateau du Larzac, elle gère des chambres d’hôtes et elle a créé une association de producteurs. Elle est aussi maman à temps plein. En bref, cette fille je la kiffe et son portrait c’est cadeau.

la ferme d'alcas
la ferme d'alcas

Mais qui c’est Emilie ?

C’est Emilie Vialettes, elle a 37 ans et elle ne vit pas très loin de Millau en pleine campagne. Quand je lui ai demandé de me faire une petite présentation personnelle elle m’a répondu ça : « maman de 2 petites filles, addict à France Culture, à la marche en pleine nature, au footing le matin et au chocolat à 85% ».

En vrai, Emilie c’est ça aussi :

  • Une Maîtrise de Gestion des Entreprise à Assas
  • Un Master d’Economie Internationale à Science Po Paris
  • La préparation d’un doctorat d’Economie Internationale à Science Po Paris dont deux années passées au Brésil, puis patatras, le doctorat s’arrête et ne sera jamais présenté parce que très mal encadré
  • Préparation et présentation au concours d’Enseignement Agricole, qu’elle obtient du premier coup bien sûr…
  • Stage en attendant son affectation = coup de foudre avec Alexandre et avec son métier sur une foire en vendant des fromages
  • Prof d’Eco Gestion face à des gens qui ne se sentent pas du tout concernés donc du coup la meuf elle se dit « tiens, je vais faire de la gestion de conflit et de la médiation »
  • Pionne dans un lycée pour « réfléchir à son avenir » et gagner sa vie, un peu… et formation de médiatrice au CNAM de Montpellier
  • Médiatrice pendant 2 ans en auto-entrepreneur mais elle se rend compte que c’est trop difficile de gagner sa vie avec ce métier

Elle devient alors Chef d’Exploitation avec Alexandre, son mari

Voilà je ne vous avais pas menti, Emilie elle est ouf ! Elle ne s’arrête jamais, elle aime tout, tout le temps. Elle fonce.

la ferme d'alcas
la ferme d'alcas

Son projet d’entreprise.

Emilie s’est lancée dans l’entreprenariat en 2016, d’abord dans le domaine de la médiation puis en 2018 elle et son mari reprennent la Ferme d’Alcas. Elle monte plusieurs projets dont une laiterie pour la fabrication de yaourts qu’elle commercialise elle-même dans des boutiques bio partout en France avec bébé dans le porte-bébé tout en allaitant. Elle gère également un GAEC (Groupement Agricole d’exploitation en Commun) qu’elle a initié avec au départ 2 associés.

L’entreprenariat n’était pas l’objectif premier d’Emilie. Ce qu’elle voulait c’était un job qui lui permette de gagner sa vie et gérer sa famille. Elle était pleine d’idées, de projets, mais sa motivation initiale était tout simplement l’envie de faire grandir la notoriété de ses produits et faire vivre sa ferme.

Sa vie d’entrepreneur.

Mais les choses ne se sont pas passées comme elle l’imaginait. Le GAEC a tourné au vinaigre et les associés ont quitté brutalement le projet. La gestion de la ferme est de plus en plus difficile, les obligations du circuit de distribution de yaourts obligeant Alexandre à travailler avec les troupeaux de brebis plus de 10h par jour. Emilie gère tout, entreprise et famille et les deux se font souvent au même moment : parce que la vie d’entrepreneur c’est tout le temps, à chaque instant. « On ne sort jamais de son boulot, on vit boulot. Et c’est très dur de décrocher. Mais je suis libre de travailler comme je l’entends ».

la ferme d'alcas
la ferme d'alcas

Sa vie de femme.

Emilie ce qu’elle aime, c’est que les différentes parties de sa vie ne soient pas cloisonnées : ne pas séparer vie privée et boulot lui convient tout à fait. Mais elle admet bien volontiers que le plus difficile c’est d’être présente pour la famille et mentalement disponible, surtout pour deux petits bouts de chou qui ont besoin d’attention. Et puis vivre avec son associé n’est pas la solution la plus simple, il faut parvenir à faire la part des choses en fonction de chaque temps de la journée.

L’indépendance de l’entreprenariat, ça lui convient plutôt bien mais les difficultés ont tendance à vite prendre le pas sur les moments en famille.

Je lui ai demandé en quoi sa vie était mieux ou moins bien qu’avant. Sa réponse : « Je vis sans filet. C’est une grande fierté et aussi souvent une angoisse mais je sais au fond de moins que c’est le chemin que j’ai à vivre ».

Elle me parle aussi de sa vie de maman : « C’est un défi permanent de concilier les temps en famille et l’espace professionnel. On a une vraie pression financière parce qu’on veut le mieux pour nos enfants. J’aimerai trouver de vrais moments avec les enfants sans penser boulot et contraintes. Souvent on est physiquement présents mais en réalité on est mentalement au boulot avec les soucis, surtout quand le boulot est à la maison sur la table de la salle à manger parce que je n’ai pas encore de bureau à moi ! J’aimerai pouvoir séparer les espaces pro et privé. On peut parler de charge mentale à tous les niveaux ».

Malgré les grosses difficultés que le couple rencontre aujourd’hui, Emilie est fière de ce qu’elle accomplit chaque jour, d’être maitre de son travail et de ses revenus, de prendre le risque de vivre sans filet. Mais pour autant le quotidien reste lourd à porter.

Si c’était à refaire : Emilie se dit que les choses auraient été plus faciles si elle avait eu des enfants plus grands pour avoir plus de temps, séparer les espaces de travail et de vie dès le départ pour ne pas se laisser déborder, se faire aider pour le démarrage pour construire un prévisionnel solide, prendre conseil auprès de fiscalistes et avocats mais ne jamais se fier à qui que ce soit !! Ton projet c’est ton projet.

Voilà vous savez presque tout sur Emilie.

Loin de moi l’idée avec ce premier portrait de vous faire peur ou de vous décourager d’entreprendre. Mon but principal à travers ce blog, c’est de vous parler de la réalité du quotidien, de la vraie vie des entrepreneurs, dans leur réussite comme dans leur difficulté.

la ferme d'alcas

Emilie et Alexandre sont le parfait exemple d’une entreprise complexe, d’un travail quotidien difficile, qui prends trop souvent le pas sur la vie de famille. Mais ce que je voudrais que l’on retienne avant tout de ce portrait c’est leur force, leur courage, leur simple envie d’avancer grâce aux fruits de leur propre travail quand bien même il est épuisant.

 

Je voudrais faire de ce portrait d’Emilie un exemple de travail et de courage. Les épreuves et les moments compliqués sont inhérents à la création d’entreprise. La réussite et la satisfaction de mener son projet à bien aussi, même si le chemin est semé d’embuches. Pour en savoir plus sur la Ferme d’Alcas
http://www.ferme-alcas.com/
https://www.facebook.com/ferme.alcas/

Cet article a 2 commentaires

  1. Rachel

    Très bel article, très beau parcours. Bravo

  2. Dominique DUPUIS

    Emilie…je me souviens d’elle…..vous étiez toujours en train de papoter !!
    Je suis heureuse de voir ce qu’elle est devenue et je suis très admirative car elle n’a pas choisi une voie facile….

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